CHANSON Retour sur une époque où Piaf, Montand, Trenet ou encore Chevalier faisaient vibrer l’Amérique

L’âge d’or de la chanson française

Chevalier, Trenet, Aznavour, ils sont tous passés par les États-Unis. Au milieu des années 40, la chanson française battait son plein dans la Grosse Pomme, en particulier avec les fameux « Music Hall ».  En 1945, Trenet fait un tabac dans les cabarets « dîner-spectacle » de Broadway. Deux ans plus tard, Piaf entame une tournée aux États-Unis et emmène Aznavour avec elle. C’est à New York qu’elle apprendra la mort de son compagnon Marcel Cerdan, décédé dans un accident d’avion alors qu’il venait la rejoindre.Vaillante, la môme maintient sa tournée. Le soir-même du drame, elle chante au Versailles et lui dédie« L’hymne à l’a-mour » « Chevalier et Piaf sont ceux qui ont eu, sans aucun doute, le plus grand impact aux États-Unis », se souvient Jacqueline Chambord, directrice artistique de l’Alliance Française à New York. Encore aujourd’hui, les airs d’Édith Piaf résonnent un peu partout aux États-Unis lors des célébrations de « Bastille Day » ou dans les restaurants français.

Edith Piaf

Paradoxalement, les chanteurs français de cette époque se produisaient plus fréquemment aux États-Unis que ceux d’aujourd’hui. Certains d’entre eux y ont effectué plusieurs tournées au cours de leur carrière. Pas moins de cinq pour Édith Piaf, et onze pour Maurice Chevalier — un record à l’époque. Ces artistes français côtoyaient aussi Hollywood et parlaient couramment anglais, à l’instar de Maurice Chevalier ou d’Yves Montand, qui fut l’amant de Marylin Monroe. Histoires d’amour ou d’amitié, collaborations artistiques, reprises, co-productions… Les échanges entre la France et l’Amérique dans le
domaine artistiques musical furent foisonnants. Trenet se lia d’amitié avec Chaplin, Laurel et Hardy. Maurice Chevalier perça à Hollywood en jouant aux côtés d’Audrey Hepburn et Gary Cooper dans « Ariane ». Il fit de nombreuses apparitions à la télévision américaine, et on le vit même à la table du Président Eisenhower.

Signe du rayonnement de la chanson française à l’étranger, quelques grands classiques de la chanson française ont été réinterprétés en anglais par des compositeurs anglo-saxons.
« La mer» de Charles Trenet est devenu « Beyond the Sea », « Les Feuilles mortes » d’Yves Montand s’est transformé en « Autumn leaves » — deux titres repris par Frank Sinatra — tandis que « Comme d’Habitude » de Claude François s’est traduit traduit par « My Way ».Edith Piaf

Si aujourd’hui, les artistes français s’exportent toujours outre-Atlantique, ils n’ont pas l’aura d’une Édith Piaf ou d’un Maurice Chevalier. À l’heure de la mondialisation, paradoxalement, il est devenu plus difficile de s’exporter pour les chanteurs français,
et d’égaler un succès musical comme « La vie en rose » ou la popularité d’un film comme « Gigi ». Certains ont néanmoins réussi à acquérir une grande notoriété au cinéma, comme Depardieu ou Deneuve, qui restent de grands ambassadeurs de la culture française.

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