Alors que le très attendu Da Vinci Code de Ron Howard sort sur les écrans américains, le Francophile vous propose de rencontrer Audrey Tautou, qui revient avec nous sur cette aventure unique.Audrey TautouCC BY-NC-ND by AnimeshBulusu

Quand avez-vous entendu parler du roman Da Vinci Code pour la première fois?
Audrey Tautou: Quand il est sorti en France. En septembre 2004, je suis allée en vacances au Mexique et j’ai emporté le livre avec moi. En fait, je l’ai dévoré en seulement quelques jours. Je l’ai trouvé très bien fait, très bien ficelé. Et je me suis même dit qu’il ferait un bon scénario.

Et comment avez-vous entendu parler du film?

D’une façon plutôt surprenante. Quand je suis rentrée de vacances, j’ai commencé la promotion d’Un Long Dimanche de fiançailles aux États-Unis et au Canada. Et subitement, à Toronto, tous les journalistes ont commencé à me féliciter d’avoir été choisie pour jouer dans The Da Vinci Code de Ron Howard! J’étais extrêmement surprise. Je leur ai dit la vérité: que je ne savais même pas que le film était en préparation et que je n’avais jamais rencontré Ron Howard, mais personne ne voulait me croire.

Cours FlorentComment se sont passés les essais?

La salle d’audition ressemblait à celle de Francis Huster au Cours Florent (l’école d’art dramatique où a étudié Audrey à Paris, NDLR): une petite scène faisant face à des rangées de sièges. Il y avait Ron Howard, le producteur Brian Grazer et le directeur de casting. Tom Hanks nous a rejoints. Je les avais prévenus dès le départ que ma prestation n’allait pas être des plus brillantes car je n’avais pas eu assez de temps pour la travailler. … Je ne connaissais pas mon texte par cœur, donc quand il m’a demandé de me lever et de jouer une scène, j’ai refusé et lui ai confié que j’avais déjà des difficultés avec le dialogue et avec mon anglais, donc que si en plus je devais m’inquiéter de la position de mon corps, mes bras et mes jambes…

À la fin j’ai sorti mon appareil photo pour prendre quelques clichés-souvenirs de ce moment mémorable, et pour prouver à ma sœur que j’avais vraiment rencontré Ron Howard et Tom Hanks. (rires)

Quand vous a-t-on recontactée?

Le lundi suivant, mon agent m’a fait savoir que Ron allait arriver à Paris deux jours plus tard et qu’il souhaitait me rencontrer. Là, il y avait deux options possibles. Soit il voulait me revoir pour discuter, soit pour m’apprendre de façon plus élégante qu’au téléphone que je n’avais pas été retenue… Donc le 19 janvier, je suis allée à l’hôtel Lutetia et nous avons passé 45 minutes ensemble. Nous avons parlé des essais, il m’a demandé ce que j’en avais pensé. Je lui ai dit que très franchement je me trouvais un peu trop jeune pour le rôle et que je n’avais certainement pas montré assez de force de caractère. Je lui ai expliqué en fait comment je voyais le personnage. À un moment donné, il a glissé dans la conversation: «Dis-moi, si par hasard je te choisissais pour le rôle, serais-tu libre pour toute la période du tournage?» … Pour la première fois je me suis demandée sérieusement ce qui allait se passer. J’ai pris conscience de l’énormité de la chose, d’autant plus que depuis «Amélie», j’ai toujours refusé ce genre de grand projet de film américain.

Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans le fait de travailler avec Ron Howard?

Il adore les acteurs et aime les diriger. Il est très réceptif et son enthousiasme est contagieux. … Il est très curieux et dénué de préjugés sur les gens. Il ne se repose pas sur ses lauriers, son pouvoir ou son influence. J’ai réalisé tout ça lors des premières répétitions à Londres, quand il me poussait à m’exprimer jusqu’au bout et à lui dire tout ce que je pensais, parce que cela pouvait lui ouvrir des perspectives inattendues. … Il filme toujours avec au moins deux caméras en même temps, quand ça n’est pas quatre ou huit. Rien ne lui échappe et tout est arrangé avec une incroyable précision.

Tom Hanks
CC BY-NC-ND by Telefónica in Deutschland

Quel est d’après vous le principal atout de Tom Hanks?

D’être parfait! Je ne lui connais aucun défaut ni faiblesse. C’est fou! Il est tellement professionnel que c’en est troublant; mais malgré sa notoriété, il est toujours très disponible et gentil. Pour un réalisateur, c’est un rêve que de travailler avec lui.

Avez-vous rencontré Dan Brown, l’auteur?

Oui, à Londres. Il m’a dit qu’il était ravi que j’interprète Sophie Neveu, mais en même temps, je ne l’imagine pas trop me dire le contraire! (rires) Ce qui m’a touché, c’était de voir l’auteur d’un des plus grands best-sellers de l’histoire être intimidé face à Ron Howard et Tom Hanks.

Qu’est-ce qui vous a séduit chez Sophie Neveu?

J’ai toujours du mal à répondre à ce genre de questions. Je dirais que j’aime son esprit combatif, sa détermination.

C’est peut-être ce qu’elle a en commun avec Amélie, ou Mathilde dans Un Long Dimanche… »?

C’est vrai. Elles sont solitaires et se battent jusqu’au bout.

Diriez-vous que c’est en cela qu’elles vous ressemblent?

Sans doute. Mais honnêtement, je ne sais pas. (rires)

Pour terminer, quelles sont vos plus grande peur et plus grande joie à propos de cette aventure?

Ma plus grande joie est de me dire que je suis à l’affiche de ce type de film – action, suspense, superproduction américaine – que je ne suis pas près de refaire de sitôt. Ça m’amuse. Ma plus grande peur, compte tenu de l’échelle du projet et de ce qu’on en attend, est le risque d’être surexposée: j’espère pouvoir continuer à mener la même vie que maintenant.

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