{"id":3040,"date":"2020-12-29T16:39:04","date_gmt":"2020-12-29T15:39:04","guid":{"rendered":"https:\/\/lefrancophile.com\/?p=3040"},"modified":"2025-12-03T15:31:36","modified_gmt":"2025-12-03T14:31:36","slug":"la-musique-francaise-sur-le-marche-americain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/la-musique-francaise-sur-le-marche-americain\/","title":{"rendered":"La musique fran\u00e7aise sur le march\u00e9 am\u00e9ricain"},"content":{"rendered":"<table border=\"0\" width=\"550\">\n<tbody>\n<tr>\n<td align=\"center\" valign=\"top\" bgcolor=\"#BBCCCC\" width=\"550\" height=\"43\">\n<div align=\"center\"><span style=\"color: #800080; font-size: small;\"> <b><span style=\"font-size: medium;\">CHANSON Ignor\u00e9s il y a encore 10 ans, les artistes de l\u2019Hexagone sont de plus en plus pr\u00e9sents aux \u00c9tats-Unis<\/span><\/b><\/span><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"550\" height=\"150\">\n<div align=\"center\">\n<p><span style=\"font-size: xx-large;\"><b>La musique fran\u00e7aise se fait une place sur le march\u00e9 am\u00e9ricain<\/b><\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td align=\"left\" valign=\"top\" bgcolor=\"#F7F9F9\" width=\"550\" height=\"2348\"><b>\u00abIt\u2019s never been like that \u00bb. Le titre du dernier album du groupe rock fran\u00e7ais Phoenix refl\u00e8te bien la situation de la musique \u00ab made in France \u00bb aux \u00c9tats-Unis ces derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00c7a n\u2019a en effet \u00ab jamais \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a \u00bb. Mises \u00e0 part quelques exceptions (pensez Piaf, Trenet ou Aznavour) la musique fran\u00e7aise a tr\u00e8s longtemps \u00e9t\u00e9 priv\u00e9e de droit de s\u00e9jour sur le territoire am\u00e9ricain. Aujourd\u2019hui, Carla Bruni, Daft Punk ou Manu Chao font partie de ces jeunes artistes qui, avec des styles tr\u00e8s diff\u00e9rents, ont r\u00e9ussi \u00e0 se faire une place dans les bacs des disquaires et rencontrent un succ\u00e8s grandissant de ce c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique. <\/b><\/p>\n<p>S\u2019il fallait d\u00e9finir une date marquant ce retournement de situation, elle se situerait quelque part au milieu des ann\u00e9es 90. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, un micros\u00e9isme bouleverse le paysage musical : c\u2019est la \u00ab French Touch \u00bb. Air, Daft Punk, Dimitri From Paris, Bob Sinclar, Saint Germain, Stardust\u2026 des musiciens \u2014 souvent par ailleurs Dj \u2014 d\u00e9veloppent un son \u00e9lectronique entre house et trip hop qui est vite encens\u00e9 par la presse sp\u00e9cialis\u00e9e et qui s\u2019impose dans les milieux branch\u00e9s comme la nouvelle tendance incontournable. D\u2019un seul coup, la musique fran\u00e7aise devient \u00ab cool \u00bb. Mais ce courant n\u2019aura \u00e9t\u00e9 que le sommet de l\u2019iceberg.<\/p>\n<p>La French Touch a permis de replacer, enfin, la France sur la carte mondiale de la production musicale, mais il a fallu ensuite que les acteurs de l\u2019industrie du disque engagent des efforts laborieux qui com- mencent tout juste \u00e0 porter leurs fruits. Car on ne s\u2019impose pas sur le march\u00e9 am\u00e9ricain du jour au lendemain. \u00ab C\u2019est un travail sur le long terme qui demande beaucoup de ressources marketing, financi\u00e8res et humaines \u00bb, fait remarquer Robert Singerman, le directeur du Bureau Export de la Musique Fran\u00e7aise de New York. Cette association pr\u00e9sente dans dix pays (voir www.french-music.org) sert de relais pour aider les labels ou les artistes produits en France \u00e0 se d\u00e9velopper \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Une d\u00e9marche qui prend tout son sens lorsqu\u2019on envisage les difficult\u00e9s inh\u00e9rentes au march\u00e9 am\u00e9ricain face auxquelles les labels fran\u00e7ais sont souvent d\u00e9sempar\u00e9s. L\u2019immensit\u00e9 du territoire tout d\u2019abord. D\u2019un point de vue strat\u00e9gique il est recommand\u00e9 de se concentrer uniquement sur New York et Los Angeles dans un premier temps pour esp\u00e9rer percer. \u00ab Ce sont les villes o\u00f9 on a le plus de chances de trouver un public, m\u00eame r\u00e9duit, de par la diversit\u00e9 culturelle des populations, indique Robert Singerman. Si on r\u00e9ussit a d\u00e9velopper un int\u00e9r\u00eat dans ces villes, on peut par la suite esp\u00e9rer en toucher d\u2019autres comme Chicago ou San Francisco. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019aspect multiculturel d\u2019une ville joue aussi du fait que la langue res-te encore une barri\u00e8re importante. C\u2019est notamment une des raisons pour lesquelles le rap fran\u00e7ais \u2014 \u00e0 l\u2019exception notable du Sa\u00efan Supa Crew qui commence \u00e0 susciter l\u2019attention \u2014 s\u2019exporte si mal. Dans le cas de certains artistes pourtant, cette barri\u00e8re se transforme en tremplin. Pour Carla Bruni ou Paris Combo par exemple, qui ont vendu autour de 25.000 exemplaires de leur album aux \u00c9tats-Unis, la lan-gue apporte une pointe d\u2019exotisme pleine de charme qui ne laisse pas indiff\u00e9rent. Mais ce ne sont que des exceptions. Comme le rapelle Sophie Mathieu du Bureau Export de Paris : \u00ab Aujourd\u2019hui, les artistes fran\u00e7ais qui marchent aux \u00c9tats-Unis produisent soit de la musique \u00e9lectronique \u2014 donc principale-ment instrumentale \u2014 soit de la pop chant\u00e9e en anglais ou enfin de la \u00ab world music \u00bb aux sonorit\u00e9s africaines. \u00bb Une tendance que Robert Singerman esp\u00e8re voir changer avec le d\u00e9veloppement des nouveaux m\u00e9dias. Il imagine par exemple \u00ab des Ipod qui afficheraient les paroles des chansons avec un choix de langues \u00bb. \u00ab Nous travaillons d\u00e9j\u00e0 en partenariat avec Yabla, un outil de sous-titrage des clips, ajoute-t-il. C\u2019est un formidable moyen d\u2019appr\u00e9cier, au-del\u00e0 de la musique, les paroles des chansons. \u00bb<\/p>\n<p>Les budgets souvent colossaux ain-si que l\u2019artillerie marketing et m\u00e9diatique d\u00e9ploy\u00e9s par les labels am\u00e9ricains pour imposer leurs pro-pres artistes constituent un autre obstacle majeur auquel se heurtent les Fran\u00e7ais. \u00c0 ce jeu, difficile de concurrencer les artistes nationaux. Alors il faut passer par les voies parall\u00e8les. Les \u00ab College Radios \u00bb sont un r\u00e9seau tr\u00e8s important sur le territoire qui laisse de la place aux ind\u00e9pendants et aux productions marginales. Dans ce domaine, le Bureau Export met beaucoup d\u2019espoir dans leur partenariat \u00e0 venir avec la radio CMJ qui \u00ab donne acc\u00e8s \u00e0 un march\u00e9 \u00e9norme \u00bb. Tout comme ils esp\u00e8rent pouvoir placer certains titres de leurs artistes parmi ceux qui sont pr\u00e9-enregistr\u00e9s dans les Ipod neufs.<\/p>\n<p>Ces outils marketing viennent s\u2019ajouter aux in\u00e9vitables et indispensables concerts. \u00ab Une pr\u00e9sence physique, un lien avec le public, est tr\u00e8s important, note Vincent Fournier-Laroque du Bureau Export de New York. \u00ab On l\u2019a vu avec Camille qui a jou\u00e9 \u00e0 guichets ferm\u00e9s au Joe\u2019s Pub \u00e0 Manhattan. Le public a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9ceptif. C\u2019est inestimable en terme de bouche \u00e0 oreil-le. \u00bb Le nombre de concerts fran\u00e7ais en Am\u00e9rique du Nord a beau avoir doubl\u00e9 entre 2004 et 2005 avec plus de mille dates (Feist et Keren Ann ont donn\u00e9 chacune plus de 40 repr\u00e9sentations, Phoenix plus de 30 et une vingtaine pour Nouvelle Vague ou le groupe antibois M83), les albums s\u2019\u00e9coulent encore lentement. Un tiers des ventes de disques fran\u00e7ais s\u2019effectue \u00e0 l\u2019\u00e9tran-ger, mais \u00e0 peine 10% de cette part correspond au continent am\u00e9ricain, soit autour de 4 millions de disques.<\/p>\n<p>Pour tous ces artistes, la notori\u00e9t\u00e9 s\u2019acquiert lentement et durement mais Robert Singerman reste persuad\u00e9 qu\u2019il y a de la place pour une \u00ab superstar \u00bb fran\u00e7aise aux \u00c9tats-Unis. Qui sera-t-elle ? \u00ab Difficile \u00e0 dire pour le moment, d\u00e9clare-t-il. Daft Punk, avec environ 70.000 exemplaires de Human after all vendus en 2005, connaissent un vrai succ\u00e8s durable, mais beaucoup de gens ne savent m\u00eame pas qu\u2019ils sont fran\u00e7ais. Peut-\u00eatre Manu Chao qui est d\u00e9j\u00e0 une star incontest\u00e9e en Am\u00e9rique du Sud. Cela d\u00e9pendra de la tourn\u00e9e qu\u2019il pr\u00e9pare aux \u00c9tats-Unis cette ann\u00e9e. Camille et Carla Bruni ont un vrai potentiel. M\u00eame Louise Attaque, s\u2019ils mettent autant d\u2019efforts sur sc\u00e8ne que lors de leurs d\u00e9buts en France, pourraient devenir tr\u00e8s populaires ici. \u00bb Et d\u2019ajouter, enthousiaste :<br \/>\n\u00ab C\u2019est une p\u00e9riode tr\u00e8s excitante et prometteuse pour la musique fran\u00e7aise. Tout ne fait que commencer. \u00bb<\/p>\n<p align=\"right\"><b>Olivier LE FLOC&#8217;H<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-size: x-large;\">Ces jeunes artistes qui ont franchi la fronti\u00e8re am\u00e9ricaine <\/span><\/p>\n<p><b>Amadou &amp; Mariam \u2013 Dimanche \u00e0 Bamako (Nonesuch Records) <\/b><br \/>\nCe ne sont plus des petits nouveaux, mais le succ\u00e8s aussi inattendu que m\u00e9rit\u00e9 du dernier album \u2014 produit par Manu Chao \u2014 de ces deux artistes d\u2019origine malienne, les a d\u00e9finitivement impos\u00e9s au niveau international. L\u00e9ger ou grave, un voyage en Afrique sur des sons qui m\u00e9langent pop, reggae, funk et musique traditionnelle.<\/p>\n<p><b>Camille \u2013 Live au Trianon (EMI - Import) <\/b><br \/>\nEn attendant le nouvel album, Camille propose un enregistrement \u00ab live \u00bb reprenant des chansons de son premier opus et de celui qui lui a ouvert les portes du succ\u00e8s : Le Fil. Un univers original, sensible, parfois excentrique. De la chanson \u00e0 texte qui n\u2019oublie jamais d\u2019\u00eatre m\u00e9lodieuse.<\/p>\n<p><b>Gotan Project \u2013 Lunatico (XL \/ Beggars) <\/b><br \/>\nRetour tr\u00e8s attendu apr\u00e8s l\u2019immense succ\u00e8s de La revancha del Tango. Gotan Project nous offre de nouveau un m\u00e9lange \u00e9l\u00e9gant de musique \u00e9lectronique et de tango argentin. Entre tradition et modernit\u00e9, un mariage r\u00e9ussi qui laisse autant la place aux moments festifs que plus nostalgiques.<\/p>\n<p><b>Nouvelle Vague \u2013 Bande \u00e0 part (Luaka Bop) <\/b><br \/>\nDes tubes rock des ann\u00e9es 70 et 80 repris \u00e0 la sauce Bossa Nova. La recette ne change pas par rapport au premier album mais elle reste efficace. U2, The Smiths, New Order ou Blondie prennent ici un visage \u00e9tonnant. Ensoleill\u00e9es et habill\u00e9es de voix f\u00e9minines voluptueuses, quatorze chansons id\u00e9ales pour prolonger l\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><b>Phoenix \u2013 It\u2019s never been like that (EMI \/ Astralwerks) <\/b><br \/>\nLeur troisi\u00e8me et dernier album, It\u2019s never been like that, vient juste de para\u00eetre. Plus rock que les pr\u00e9c\u00e9dents, il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 tr\u00e8s rapidement, en quelques jours, dans un studio berlinois. Des chansons pop aux m\u00e9lodies efficaces et imm\u00e9diatement accrocheuses. Dates de la tourn\u00e9e am\u00e9ricaine sur www.wearephoenix.com.<\/p>\n<p align=\"right\"><b>Olivier LE FLOC&#8217;H<\/b><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CHANSON Ignor\u00e9s il y a encore 10 ans, les artistes de l\u2019Hexagone sont de plus en plus pr\u00e9sents aux \u00c9tats-Unis La musique fran\u00e7aise se fait une place sur le march\u00e9 am\u00e9ricain \u00abIt\u2019s never been like that \u00bb. 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