{"id":18588,"date":"2019-04-25T19:00:10","date_gmt":"2019-04-25T17:00:10","guid":{"rendered":"https:\/\/lefrancophile.com\/le-paris-de-napoleon-1er-se-grise-de-gloire\/"},"modified":"2025-12-28T23:28:54","modified_gmt":"2025-12-28T22:28:54","slug":"le-paris-de-napoleon-1er-se-grise-de-gloire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/le-paris-de-napoleon-1er-se-grise-de-gloire\/","title":{"rendered":"Le Paris de Napol\u00e9on 1er se grise de gloire"},"content":{"rendered":"<h1><span style=\"font-size: 36pt;\"><strong>En simple redingote grise et bicorne, Napol\u00e9on, le nouveau ma\u00eetre du monde.<\/strong><\/span><\/h1>\n<p><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-ernest_meissonier-campagne_de_France.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2839\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-ernest_meissonier-campagne_de_France.jpg\" alt=\"Napol\u00e9on 1er\" width=\"493\" height=\"566\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-ernest_meissonier-campagne_de_France.jpg 493w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-ernest_meissonier-campagne_de_France-261x300.jpg 261w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-ernest_meissonier-campagne_de_France-366x420.jpg 366w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-ernest_meissonier-campagne_de_France-150x172.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-ernest_meissonier-campagne_de_France-300x344.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 493px) 100vw, 493px\" \/><\/a>Depuis qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9 empereur le 2 d\u00e9cembre 1804 (la France comm\u00e9more en 2004 le bicentenaire du sacre), Napol\u00e9on Bonaparte se comporte en monarque tout puissant, dot\u00e9 d&#8217;un orgueil prodigieux. Le souverain s&#8217;entoure d\u00e8s lors d&#8217;une cour nouvellement cr\u00e9\u00e9e qui entretient autour de sa personne une mystique imp\u00e9riale. Napol\u00e9on se sert de Paris comme d&#8217;une vitrine symbolique de sa gloire et de celle de son arm\u00e9e : l&#8217;arc de triomphe, la colonne Vend\u00f4me, la Madeleine, la rue de Rivoli voient le jour. Le Paris de Napol\u00e9on Ier, gris\u00e9 de pompe et de succ\u00e8s, prend des allures martiales.   <\/p>\n<p>Apr\u00e8s le sacre de 1804, il semblait tout naturel de repr\u00e9senter Napol\u00e9on en empereur romain. On assista alors \u00e0 un v\u00e9ritable foisonnement d&#8217;images reproduisant le visage de l&#8217;Empereur. Les artistes, \u00e9blouis par l&#8217;\u00e9clat de son r\u00e8gne et d\u00e9sireux de s&#8217;attirer ses faveurs, rivalis\u00e8rent de talent pour tracer de lui une image olympienne, au front vaste et haut, aux traits purs et aux yeux per\u00e7ants. Les peintres Isabey, Ingres, Vernet, Meissonnier et David, premier peintre de l&#8217;Empereur, accus\u00e8rent cette tendance, conforme d&#8217;ailleurs aux v\u0153ux du gouvernement qui avait plac\u00e9 dans tous les b\u00e2timents publics un portait ou un buste officiel de Napol\u00e9on. Dans son tableau <em>La Bataille d&#8217;Eylau<\/em>, le peintre Antoine-Jean Gros (1771-1835) a laiss\u00e9 une des plus sublimes images de Napol\u00e9on, p\u00e2le et grave, visitant le champ de bataille. L&#8217;Empereur ayant longuement contempl\u00e9 ce tableau au Salon de 1808, d\u00e9tacha de son habit l&#8217;\u00e9toile de la L\u00e9gion d&#8217;honneur qu&#8217;il portait et la remit \u00e0 l&#8217;artiste en le nommant baron de l&#8217;Empire.     <\/p>\n<p>La date du 15 ao\u00fbt, jour de son anniversaire (il \u00e9tait n\u00e9 en 1768), devint pour un temps la Saint-Napol\u00e9on ! Cette adulation avait commenc\u00e9 par une certaine retenue de sa part. Avec une modestie inhabituelle, l&#8217;Empereur avait r\u00e9primand\u00e9 l&#8217;un de ses courtisans qui le pr\u00e9sentait en Dieu des arm\u00e9es : \"Je vous dispense de me comparer \u00e0 Dieu ; je veux croire que vous n&#8217;avez pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que vous \u00e9criviez !\"  <\/p>\n<p>Napol\u00e9on s&#8217;\u00e9tait content\u00e9 d&#8217;abord de cr\u00e9er autour de sa personne un grand nombre de dignitaires combinant les titres honorifiques du saint empire de Charlemagne \u00e0 ceux de l&#8217;Ancien R\u00e9gime et de cr\u00e9er une noblesse d&#8217;Empire : ainsi Cambac\u00e9r\u00e8s \u00e9tait-il devenu archichancelier d&#8217;Empire ; Eug\u00e8ne de Beauharnais, archichancelier d&#8217;\u00c9tat ; Louis Bonaparte, archiconn\u00e9table ; Murat, grand amiral ; Duroc, grand mar\u00e9chal du palais et Talleyrand, grand chambellan. En quelques ann\u00e9es, Napol\u00e9on cr\u00e9a 42 nouveaux princes et ducs, 50 comtes, 1.550 barons et 1.500 chevaliers. Bien que cette noblesse imp\u00e9riale ait \u00e9t\u00e9 parfois ridiculis\u00e9e, elle cr\u00e9ait une aristocratie bas\u00e9e sur le seul m\u00e9rite, m\u00eame si les titres \u00e9taient h\u00e9r\u00e9ditaires. Jamais avant Napol\u00e9on Ier le talent n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 plus g\u00e9n\u00e9reusement par un gouvernement et n&#8217;avait cr\u00e9\u00e9 une aristocratie aussi li\u00e9e au service de l&#8217;\u00c9tat.   <\/p>\n<h3>Paris entre la Rome antique et l&#8217;\u00c9gypte des pharaons<\/h3>\n<p>Les nouveaux dignitaires se voulaient les h\u00e9ritiers de l&#8217;Empire romain, des empereurs, des conqu\u00e9rants et des s\u00e9nateurs antiques ! Leurs uniformes \u00e9tincelants, les d\u00e9fil\u00e9s militaires, les bals somptueux suscitaient chez les Parisiens une v\u00e9ritable mystique qui intoxiqua toute une g\u00e9n\u00e9ration. \"Les soldats paradent dans les rues et maintiennent l&#8217;ordre ; on r\u00e9v\u00e8re tout ce qui est militaire\", \u00e9crit un Anglais en visite \u00e0 Paris. Une discipline militaire r\u00e9gnait sur les lyc\u00e9es d&#8217;\u00c9tat o\u00f9 proviseurs, censeurs et professeurs \u00e9taient astreints \u00e0 porter l&#8217;uniforme comme l&#8217;\u00e9taient \u00e9galement les \u00e9coliers qui entraient ou sortaient au pas des salles de classe, au son du tambour et du clairon !   <\/p>\n<p>L&#8217;art lui-m\u00eame fut affect\u00e9 par cette folie martiale \u00e0 laquelle s&#8217;unit une profonde admiration pour l&#8217;art \u00e9gyptien mis \u00e0 la mode en France au retour de la campagne d&#8217;\u00c9gypte de Napol\u00e9on. Le r\u00e9pertoire du premier Empire affectionne les formes s\u00e9v\u00e8res, impose des couronnes de lauriers, des glaives, des sphinx et des griffons. Les couleurs d\u00e9licates, gris fins et bleus c\u00e9lestes du style rococo le c\u00e8dent au pourpre, au bleu nuit et au vert nil. En mythologie, Diane et V\u00e9nus font place \u00e0 Jupiter et \u00e0 Mars. Les femmes et les ma\u00eetresses des g\u00e9n\u00e9raux d&#8217;Empire ne dorment plus que dans des lits \u00e0 rideaux en forme de tente militaire.    <\/p>\n<p>Lorsque Napol\u00e9on et Jos\u00e9phine s&#8217;install\u00e8rent au palais des Tuileries, ils ouvrirent la saison sociale avec des r\u00e9ceptions officielles et des banquets pour des centaines d&#8217;invit\u00e9s. Toutefois, des r\u00e8glements draconiens gouvernaient la proc\u00e9dure adopt\u00e9e \u00e0 la cour imp\u00e9riale : \"Quand Sa Majest\u00e9 mange en public, le Grand Chambellan lui pr\u00e9sente un large fauteuil, le Grand Ma\u00eetre du palais lui tend une serviette. \u00c0 tous moments, les invit\u00e9s sont requis de garder leurs distances avec l&#8217;Empereur et doivent lui faire la r\u00e9v\u00e9rence en entrant dans la pi\u00e8ce\", raconte son valet Constant Wairy. <\/p>\n<p>Les femmes somptueusement par\u00e9es de bijoux et de plumes gravissaient le grand escalier de marbre et traversaient l&#8217;enfilade de salons. Jos\u00e9phine, en robe de satin blanc, des perles et des bijoux dans les cheveux, attirait tous les regards. Elle d\u00e9pensait sans compter pour ses toilettes avec l&#8217;approbation de l&#8217;Empereur qui consid\u00e9rait l&#8217;\u00e9talage de prodigalit\u00e9 \u00e0 la cour comme une manifestation de pouvoir. Il encourageait Jos\u00e9phine \u00e0 se farder beaucoup et \u00e0 se d\u00e9coller tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reusement, exigeant qu&#8217;elle ne porte pas deux fois la m\u00eame toilette. Il fit remarquer un jour \u00e0 la duchesse d&#8217;Abrant\u00e8s : \"Madame, vous avez port\u00e9 cette robe plusieurs fois. Elle est tr\u00e8s jolie, certes, mais nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 vue !\"    <\/p>\n<p>Si la couturi\u00e8re Rose Bertin avait fait la pluie et le beau temps \u00e0 la cour de Marie-Antoinette, \u00e0 la cour de Jos\u00e9phine, c&#8217;\u00e9tait un certain Leroy, \"le Michel-Ange de la mode\", qui lan\u00e7ait les styles. Ce pr\u00e9curseur d&#8217;Yves Saint Laurent avait \u00e9t\u00e9 coiffeur avant la R\u00e9volution mais la guillotine l&#8217;ayant priv\u00e9 de t\u00eates \u00e0 coiffer, il se lan\u00e7a dans la mode o\u00f9 il connut un immense succ\u00e8s et devint le fournisseur officiel de l&#8217;imp\u00e9ratrice. <\/p>\n<p>Tout ceci \u00e9tait men\u00e9 de main de ma\u00eetre par un g\u00e9nie au sens dramatique infaillible. En effet, avec un instinct admirable, Napol\u00e9on s&#8217;entoura de rois, de princes et de dignitaires cr\u00e9\u00e9s par lui, qu&#8217;il aimait voir luxueusement v\u00eatus alors que lui-m\u00eame apparaissait souvent en simple redingote grise et petit chapeau. Le contraste entre le cr\u00e9ateur et ses \"cr\u00e9atures\" en \u00e9tait d&#8217;autant plus flagrant !  <\/p>\n<figure id=\"attachment_9900\" aria-describedby=\"caption-attachment-9900\" style=\"width: 696px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-1024x576.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2840 size-large\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-1024x576.jpg\" alt=\"Napol\u00e9on\" width=\"696\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-300x169.jpg 300w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-768x432.jpg 768w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-747x420.jpg 747w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-150x84.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-696x391.jpg 696w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue-1068x600.jpg 1068w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-paris_7_invalides_statue.jpg 1386w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9900\" class=\"wp-caption-text\">Des monuments \u00e0 la gloire de Napol\u00e9on<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_9901\" aria-describedby=\"caption-attachment-9901\" style=\"width: 786px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2841\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris.jpg\" alt=\"Plans de Paris  \" width=\"786\" height=\"661\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris.jpg 786w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris-300x252.jpg 300w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris-768x646.jpg 768w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris-499x420.jpg 499w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris-150x126.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/napoleon-plan-paris-696x585.jpg 696w\" sizes=\"auto, (max-width: 786px) 100vw, 786px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9901\" class=\"wp-caption-text\">Les architectes Fontaine et Percier pr\u00e9sentent les plans des nouveaux monuments parisiens \u00e0 Napol\u00e9on.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Napol\u00e9on voulait faire de Paris non seulement \"la plus belle ville qui soit mais aussi la plus belle ville qu&#8217;il puisse y avoir\". La p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire n&#8217;avait laiss\u00e9 \u00e0 Paris aucun monument sinon la place de la Concorde en 1790 ; Napol\u00e9on, pour sa part, voulut en faire la capitale de l&#8217;Occident, une m\u00e9tropole parsem\u00e9e de monuments grandioses. Il fut aid\u00e9 dans ce projet par deux architectes, Pierre Fontaine et Charles Percier, et le pr\u00e9fet de Paris, Frochot. Sous leur triple impulsion, un ambitieux programme d&#8217;urbanisme fut lanc\u00e9, pr\u00e9figurant celui du baron Haussmann sous le Second Empire. D\u00e8s 1806, Paris se couvrit d&#8217;innombrables chantiers.    <\/p>\n<p>Mais l&#8217;utilit\u00e9 l&#8217;emporta d&#8217;abord sur la beaut\u00e9 et la grandeur. Le pr\u00e9fet Frochot r\u00e9organisa les services municipaux et le ravitaillement de la ville, il inaugura le cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise, sur les hauteurs de Belleville. On d\u00e9molit les anciens b\u00e2timents et les rues s\u00e9parant le Louvre des Tuileries. On entoura les bras de la Seine d&#8217;un bracelet de ponts : le pont des Arts en 1803, le pont de la Cit\u00e9 en 1804, le pont d&#8217;Austerlitz en 1806 et le pont d&#8217;I\u00e9na en 1813. Pour favoriser l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique et sociale, on construit des kilom\u00e8tres de quais : quai d&#8217;Orsay, quai des Invalides, quai des Tuileries.    <\/p>\n<h3>L&#8217;arc de triomphe<\/h3>\n<p>Les \u0153uvres laiss\u00e9es par l&#8217;Empereur parlent \u00e0 l&#8217;imagination. Elles \u00e9taient les temples du nouveau culte imp\u00e9rial. Mais l&#8217;Empereur voulait c\u00e9l\u00e9brer avant tout les victoires de la Grande Arm\u00e9e. \"Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe\", avait-il promis \u00e0 ses soldats apr\u00e8s Austerlitz. \u00c0 son retour, le projet de l&#8217;architecte Chalgrin fut retenu : un arc de triomphe colossal \"qui serait grand, simple et majestueux\", sur le site d&#8217;une des anciennes portes de Paris, la barri\u00e8re de l&#8217;\u00c9toile. Cet emplacement fournissait une vue majestueuse des Tuileries et pouvait \u00eatre vu de loin par tout visiteur entrant \u00e0 Paris. \"De plus, Votre Majest\u00e9 y passera en route pour La Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Germain et Versailles\", fit valoir l&#8217;architecte.      <\/p>\n<p>D\u00e9passant de loin le souhait de Napol\u00e9on que ce projet \"puisse nourrir pendant 10 ans la sculpture fran\u00e7aise\", \u00e0 la date de 1810, il n&#8217;avait progress\u00e9 que jusqu&#8217;aux fondations. Aussi fallut-il utiliser une maquette grandeur nature, faite de papier peint sur cadre de bois lors de l&#8217;entr\u00e9e de Napol\u00e9on \u00e0 Paris pour son mariage avec Marie-Louise d&#8217;Autriche, le 2 avril 1810. L&#8217;arc de triomphe que nous connaissons ne fut inaugur\u00e9 qu&#8217;en 1836 sous le r\u00e8gne de Louis-Philippe, \u00e9poque \u00e0 laquelle il fut d\u00e9cid\u00e9 de graver les noms des g\u00e9n\u00e9raux et des batailles de l&#8217;Empire sur le grand entablement : 660 g\u00e9n\u00e9raux et 128 batailles y sont mentionn\u00e9s. Le Soldat inconnu y fut inhum\u00e9 le 28 juin 1921.   <\/p>\n<h3>L&#8217;arc du Carrousel<\/h3>\n<p>En 1806, l&#8217;Empereur fit construire entre le Louvre et les Tuileries l&#8217;arc du Carrousel, appel\u00e9 alors \"arc de Marengo\" (victoire de Napol\u00e9on en 1800) pour le distinguer de l&#8217;arc de triomphe, appel\u00e9 \"arc d&#8217;Austerlitz\".<\/p>\n<p>Cet arc constituait l&#8217;entr\u00e9e d&#8217;honneur du palais des Tuileries. C&#8217;\u00e9tait une \u00e9l\u00e9gante imitation de l&#8217;arc de Septime S\u00e9v\u00e8re \u00e0 Rome. Sur les faces de l&#8217;\u00e9difice sont appos\u00e9s six bas-reliefs en marbre relatifs aux victoires de l&#8217;Empereur. En 1809, il fut surmont\u00e9 par un quadrige en bronze r\u00e9alis\u00e9 en l&#8217;an 300 avant notre \u00e8re et d\u00e9rob\u00e9 par les arm\u00e9es napol\u00e9oniennes au portique de la basilique de Saint-Marc \u00e0 Venise, au cours de la campagne d&#8217;Italie. Les chevaux furent restitu\u00e9s \u00e0 Venise en 1815 et remplac\u00e9s par des copies.    <\/p>\n<h3>L&#8217;\u00e9glise de la Madeleine<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-1024x754.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-2842\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-1024x754.jpg\" alt=\"\u00c9glise de la Madeleine\" width=\"696\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-1024x754.jpg 1024w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-300x221.jpg 300w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-768x565.jpg 768w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-1536x1130.jpg 1536w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-571x420.jpg 571w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-80x60.jpg 80w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-150x110.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-696x512.jpg 696w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-1068x786.jpg 1068w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon-1920x1413.jpg 1920w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/madeleine-de-napoleon.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Pour compl\u00e9ter harmonieusement la rue Royale, la Madeleine rest\u00e9e inachev\u00e9e depuis 1790 fut entour\u00e9e de colonnes semblables \u00e0 celles du Palais-Bourbon qui lui fait face. En 1806, Napol\u00e9on confia \u00e0 l&#8217;architecte Pierre Vignon le soin d&#8217;en faire un temple \u00e0 la gloire des arm\u00e9es fran\u00e7aises, marqu\u00e9 de l&#8217;inscription \"L&#8217;Empereur Napol\u00e9on aux soldats de la Grande Arm\u00e9e\". La Madeleine sera consacr\u00e9e \u00e0 la religion en 1842.  <\/p>\n<h3><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/colonne-vendome.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2845\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/colonne-vendome.jpg\" alt=\"Colonne Vend\u00f4me\" width=\"325\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/colonne-vendome.jpg 325w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/colonne-vendome-195x300.jpg 195w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/colonne-vendome-273x420.jpg 273w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/colonne-vendome-150x231.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/colonne-vendome-300x462.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 325px) 100vw, 325px\" \/><\/a>La colonne Vend\u00f4me<\/h3>\n<p>\u00c0 l&#8217;emplacement de l&#8217;ancienne statue de Louis XIV renvers\u00e9e \u00e0 la R\u00e9volution et qui ornait la place Vend\u00f4me, Napol\u00e9on d\u00e9cida d&#8217;\u00e9riger une colonne imit\u00e9e de celle qui fut \u00e9lev\u00e9e \u00e0 Rome \u00e0 la gloire de Trajan et de la surmonter d&#8217;une statue de l&#8217;empereur Charlemagne. Toutefois, le projet \u00e9voluant, une colonne haute de 44 m\u00e8tres fut \u00e9rig\u00e9e \u00e0 la gloire des soldats vainqueurs \u00e0 Austerlitz. R\u00e9alis\u00e9e par 40 artistes, lourde de 250 tonnes, elle est faite du bronze provenant de la fonte des 1.250 pi\u00e8ces de canons et couleuvrines prises aux Russes et Autrichiens durant la campagne d&#8217;Austerlitz. Soixante-seize bas-reliefs en bronze se d\u00e9roulent en spirale et repr\u00e9sentent des sc\u00e8nes de la vie militaire durant la campagne de 1805. La statue de Charlemagne fut finalement remplac\u00e9e par celle de Napol\u00e9on en empereur romain, couronn\u00e9 de lauriers et tenant en main un globe surmont\u00e9 d&#8217;une Victoire.    <\/p>\n<p>L&#8217;Empereur commanda \u00e9galement la construction d&#8217;une large rue, partant du c\u00f4t\u00e9 nord de la place Vend\u00f4me. \u00c0 l&#8217;origine appel\u00e9e rue Napol\u00e9on, elle est devenue la rue de la Paix. De nos jours, seule la rue Bonaparte sur la rive gauche est consacr\u00e9e \u00e0 Napol\u00e9on.  <\/p>\n<h3>La rue de Rivoli<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-1024x768.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-2846\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-1024x768.jpg\" alt=\"La rue de Rivoli\" width=\"696\" height=\"522\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli.jpg 1024w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-300x225.jpg 300w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-768x576.jpg 768w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-560x420.jpg 560w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-80x60.jpg 80w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-150x113.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-696x522.jpg 696w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/rue-de-rivoli-265x198.jpg 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Napol\u00e9on demanda aux architectes Percier et Fontaine, organisateurs des f\u00eates du premier Empire, de construire \u00e0 l&#8217;emplacement des jardins des couvents appartenant aux capucins et aux feuillants une art\u00e8re reliant la place de la Concorde \u00e0 la place du Palais-Royal, pour ouvrir une deuxi\u00e8me voie est-ouest et relayer la vieille rue Saint-Honor\u00e9, devenue trop passante. On lui donna le nom de rue de Rivoli, du nom de la victoire de Napol\u00e9on \u00e0 Rivoli, les 14 et 15 janvier 1797 durant sa campagne d&#8217;Italie. Les architectes envisag\u00e8rent des arcades avec des magasins et des fa\u00e7ades identiques des b\u00e2timents. Ce projet de longue haleine dura jusqu&#8217;en 1835.   <\/p>\n<h3>Le mus\u00e9e du Louvre<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/musee_napol%C3%A9on.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2847\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/musee_napol%C3%A9on.jpg\" alt=\"Mus\u00e9e Napol\u00e9on\" width=\"768\" height=\"572\"><\/a>D\u00e9cr\u00e9tant que \"tous les hommes de g\u00e9nie sont fran\u00e7ais\", Napol\u00e9on s&#8217;assura habilement que les plus grands chefs-d&#8217;\u0153uvre de l&#8217;esprit humain prennent la route de la France. C&#8217;est ainsi que statues, vases, tableaux, sculptures et manuscrits furent transport\u00e9s par milliers au palais du Louvre transform\u00e9 en mus\u00e9e Napol\u00e9on et plac\u00e9s sous la direction de Vivant Denon, qui l&#8217;avait accompagn\u00e9 en \u00c9gypte. <\/p>\n<p>Lorsque Napol\u00e9on (qui n&#8217;\u00e9tait pas encore empereur) s&#8217;embarqua pour l&#8217;\u00c9gypte en 1798, il emmena avec lui 160 artistes, \u00e9crivains, savants, \u00e9conomes et ing\u00e9nieurs pour \u00e9tudier la civilisation \u00e9gyptienne. L&#8217;un d&#8217;entre eux \u00e9tait un ami de Jos\u00e9phine, le graveur Vivant Denon dont une aile du Louvre rappelle l&#8217;immense contribution. Son ouvrage <em>Voyage en Haute et Basse \u00c9gypte<\/em> fit sensation et les Parisiens se d\u00e9couvrirent une passion pour l&#8217;\u00c9gypte dont on retrouva partout les motifs : ob\u00e9lisques, pyramides et fleurs de lotus. Napol\u00e9on lui-m\u00eame commanda un service en porcelaine de S\u00e8vres d\u00e9cor\u00e9 de sc\u00e8nes \u00e9gyptiennes.   <\/p>\n<h3>Paris se couvre de grands restaurants<\/h3>\n<p>La nouvelle aristocratie ne se contentait pas d&#8217;avoir des titres et du bien, elle se piquait d&#8217;avoir du go\u00fbt et d\u00e9pensait sans compter pour le prouver. De nombreuses soci\u00e9t\u00e9s dansantes, \"mangeantes et buvantes\" se cr\u00e9\u00e8rent \u00e0 cette \u00e9poque. Les plaisirs de la table furent \u00e0 l&#8217;honneur sous le premier Empire et le propre grand chancelier de Napol\u00e9on, Jean-Jacques Cambac\u00e9r\u00e8s, fut surnomm\u00e9 \"roi des gourmets\". Par contre, Napol\u00e9on n&#8217;\u00e9tait pas gourmand : il d\u00e9jeunait en dix minutes, d\u00eenait en trente de son plat pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, les p\u00e2tes \u00e0 l&#8217;italienne, arros\u00e9 d&#8217;un vin de chambertin coup\u00e9 d&#8217;eau. Il mangeait si vite qu&#8217;il souffrait souvent d&#8217;indigestion, soulag\u00e9e en su\u00e7ant des pastilles de r\u00e9glisse qu&#8217;il portait toujours sur lui dans un mouchoir.    <\/p>\n<p>En revanche, son amour du luxe donna l&#8217;\u00e9lan \u00e0 un faste de service auquel on n&#8217;\u00e9tait plus habitu\u00e9. De nouveaux restaurants furent ouverts par les chefs des aristocrates guillotin\u00e9s ou partis en exil. Peu apr\u00e8s, Paris s&#8217;imposa comme capitale culinaire du monde. D&#8217;une cinquantaine en 1789, on recensait en 1815 plus de 3.000 restaurants, les plus connus \u00e9tant ceux qui affichaient (alors une nouveaut\u00e9 !) le meilleur rapport qualit\u00e9-prix comme le restaurant <em>Aux Trois Fr\u00e8res Proven\u00e7aux<\/em> install\u00e9 dans une galerie du Palais-Royal.   <\/p>\n<p>Un endroit tr\u00e8s \u00e0 la mode sous Napol\u00e9on Ier \u00e9tait <em>Le V\u00e9ry<\/em>, premier grand restaurant \u00e0 prix fixe situ\u00e9 dans la galerie de Beaujolais au Palais-Royal. C&#8217;est dans cet \u00e9tablissement qu&#8217;un gar\u00e7on de caf\u00e9 apporta en 1815 un pot de chambre \u00e0 un officier prussien qui avait demand\u00e9 du caf\u00e9 \"dans une tasse o\u00f9 aucun Fran\u00e7ais n&#8217;aurait jamais bu\". Le c\u00e9l\u00e8bre peintre Fragonard qui habitait au-dessus du restaurant y mourut le 22 ao\u00fbt 1806, \u00e0 74 ans, en mangeant une glace !  <\/p>\n<p>De cette \u00e9poque date la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 du V\u00e9four, devenu en 1850 <em>Le Grand V\u00e9four<\/em>, fr\u00e9quent\u00e9 assid\u00fbment par Murat. Son invariable menu de vermicelles, poitrine de mouton et haricots ne semble avoir d\u00e9courag\u00e9 personne. <em>Le V\u00e9four<\/em> \u00e9tait l&#8217;ancien <em>Caf\u00e9 de Chartres<\/em>, situ\u00e9 galerie de Valois. <\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;angle du boulevard des Italiens et de la rue Taitbout, le caf\u00e9 <em>Tortoni<\/em> fut fond\u00e9 en 1795 par le Napolitain Velloni, le premier marchand de glaces venu \u00e0 Paris faire fortune. Son \u00e9tablissement devint en 1804 la propri\u00e9t\u00e9 de Tortoni, son gar\u00e7on de caf\u00e9, qui en fit un lieu de rendez-vous incontournable des boulevards. <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-1024x767.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-2848\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-1024x767.jpg\" alt=\"Caf\u00e9 Tortoni Paris\" width=\"696\" height=\"521\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-1024x767.jpg 1024w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-300x225.jpg 300w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-768x575.jpg 768w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-561x420.jpg 561w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-80x60.jpg 80w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-150x112.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-696x521.jpg 696w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-1068x800.jpg 1068w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni-265x198.jpg 265w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/cafe_tortoni.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" \/><\/a>Si on se battait sur les champs de bataille d&#8217;I\u00e9na ou de Wagram, dans la capitale on se bousculait \u00e0 Frascati, \u00e9tablissement au coin de la rue de Richelieu et du boulevard des Italiens. Cet endroit, mi-salle de bal mi-salle de jeux, avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par un autre marchand de glaces napolitain du nom de Garci. C&#8217;est en 1796 que ce dernier ach\u00e8te un ancien h\u00f4tel pour y ouvrir des salons \u00e9l\u00e9gants, des salles de bal ou de jeux \u00e0 l&#8217;instar de ceux de Frascati \u00e0 Naples. Son jardin, \u00e9clair\u00e9 1a nuit, formait une terrasse qui longeait le boulevard Montmartre depuis la rue de Richelieu jusqu&#8217;\u00e0 la rue Vivienne. On s&#8217;y rendait pour boire, pour manger, danser et chercher fortune. La danse en effet n&#8217;\u00e9tait plus l&#8217;apanage de la noblesse. La bourgeoisie se prit de passion pour les bals publics dont le nombre se multiplia. On y dansait la gavotte, le quadrille et, depuis 1800, la \"fricass\u00e9e poissarde !\".       <\/p>\n<p>Les Parisiens aimaient Napol\u00e9on Ier pour tout ce dont il orna la capitale : nouvelles perc\u00e9es, nouveaux ponts, arcs de triomphe, biblioth\u00e8ques, mus\u00e9es, \u00e9coles. Mais surtout, sous le premier Empire, les Parisiens profit\u00e8rent de toutes les occasions de se divertir, de s&#8217;\u00e9tourdir et se gris\u00e8rent du spectacle factice d&#8217;une cour imp\u00e9riale au m\u00e9lange baroque d&#8217;\u00e9l\u00e9ments romains et \u00e9gyptiens. Toutefois, quelques ann\u00e9es seulement conduisirent Napol\u00e9on Ier de l&#8217;apog\u00e9e \u00e0 la chute. L&#8217;\u00e9difice imp\u00e9rial qui paraissait si solide apr\u00e8s Wagram se l\u00e9zarda puis s&#8217;effondra sous la pression des d\u00e9faites ext\u00e9rieures.   <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En simple redingote grise et bicorne, Napol\u00e9on, le nouveau ma\u00eetre du monde. Depuis qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9 empereur le 2 d\u00e9cembre 1804 (la France comm\u00e9more en 2004 le bicentenaire du sacre), Napol\u00e9on Bonaparte se comporte en monarque tout puissant, dot\u00e9 d&#8217;un orgueil prodigieux. 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