{"id":18503,"date":"2005-07-17T12:15:50","date_gmt":"2005-07-17T10:15:50","guid":{"rendered":"https:\/\/lefrancophile.com\/paris-etait-une-femme-les-femmes-ecrivains-de-france-au-xxeme-siecle\/"},"modified":"2025-12-27T14:58:54","modified_gmt":"2025-12-27T13:58:54","slug":"paris-etait-une-femme-les-femmes-ecrivains-de-france-au-xxeme-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/paris-etait-une-femme-les-femmes-ecrivains-de-france-au-xxeme-siecle\/","title":{"rendered":"Paris \u00e9tait une femme : Les femmes \u00e9crivains de France au XX\u00e8me si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<h1><strong>Paris \u00e9tait une femme<\/strong><\/h1>\n<p>Rome est peut-\u00eatre la Ville \u00e9ternelle, mais Paris est la ville de l&#8217;\u00e9ternel f\u00e9minin. Une certaine lumi\u00e8re et une promesse de libert\u00e9 artistique dans \"La Ville Lumi\u00e8re\" ont attir\u00e9 \u00e0 Paris des femmes de mots de tous les pays et de toutes les langues imaginables. L\u00e0, lib\u00e9r\u00e9es des obligations et des limites des relations traditionnelles et des contraintes sociales, elles ont collabor\u00e9 \u00e0 une extraordinaire cr\u00e9ativit\u00e9 dont la f\u00e9condit\u00e9 constitue une riche contribution au paysage litt\u00e9raire franco-anglo-saxon.  <\/p>\n<p>Alors que la culture litt\u00e9raire de la rive gauche des ann\u00e9es 1920 et 1930 a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e comme appartenant aux \u00e9crivains am\u00e9ricains expatri\u00e9s et \u00e0 Sartre, Gide et Camus en France, de nombreuses femmes \u00e9crivains, dont Adrienne Monnier, Colette et Germaine Beaumont, collaboraient \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque avec des femmes de lettres am\u00e9ricaines, anglaises et irlandaises. Ces expatri\u00e9es anglo-saxonnes avaient, comme leurs contemporains masculins, \u00e9t\u00e9 attir\u00e9es par la promesse de Paris d&#8217;une vie pass\u00e9e dans l&#8217;ind\u00e9pendance cr\u00e9ative. Cependant, certaines d&#8217;entre elles rest\u00e8rent r\u00e9sidentes \u00e0 vie et firent de la France un lieu de vie plus permanent que les hommes.  <\/p>\n<p>\"C&#8217;est bien en France, ils s&#8217;adaptent \u00e0 tout, lentement, ils changent compl\u00e8tement, mais ils savent toujours qu&#8217;ils sont tels qu&#8217;ils \u00e9taient\", a \u00e9crit Gertrude Stein. Sa prose rend parfaitement compte de l&#8217;attrait de la France : alors que les valeurs familiales fortes et la structure rigide des classes sociales ont longtemps d\u00e9fini la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle, la pens\u00e9e intellectuelle fran\u00e7aise appr\u00e9cie tout autant les artistes qui repoussent sans cesse les limites qui accompagnent ces choses. L&#8217;attraction magn\u00e9tique d&#8217;une ville dont \"les conditions de sa grandeur semblent \u00eatre si fondamentales et si constantes qu&#8217;\u00e0 chaque fois quelque chose d&#8217;extr\u00eame et d&#8217;insurpassable semble \u00e9merger d&#8217;elles comme de la racine\", comme l&#8217;a \u00e9crit Rainer Maria Rilke, a enrichi la litt\u00e9rature mondiale et favoris\u00e9 les \u00e9changes litt\u00e9raires interculturels et la cr\u00e9ation, en grande partie gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9, \u00e0 la d\u00e9termination et \u00e0 la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 cr\u00e9er des r\u00e9seaux.  <\/p>\n<p>L&#8217;un des quatre livres r\u00e9cemment publi\u00e9s aux \u00c9tats-Unis c\u00e9l\u00e8bre les contributions des femmes \u00e9crivains et artistes, et nous donne acc\u00e8s au monde florissant des salons litt\u00e9raires, des ouvertures de librairies et des \u00e9changes culturels entre femmes \u00e0 Paris au XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<figure style=\"width: 196px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Paris-Was-Woman-Portraits-Left\/dp\/0062513133?crid=P95JUZBDAYS&amp;keywords=paris+was+a+woman&amp;qid=1671398645&amp;sprefix=paris+was+a+woman%2Caps%2C410&amp;sr=8-1&amp;linkCode=li3&amp;tag=lefrancophile-20&amp;linkId=c48fa015a074eec5923c5a131214930c&amp;language=en_US&amp;ref_=as_li_ss_il\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/\/ws-na.amazon-adsystem.com\/widgets\/q?_encoding=UTF8&amp;ASIN=0062513133&amp;Format=_SL250_&amp;ID=AsinImage&amp;MarketPlace=US&amp;ServiceVersion=20070822&amp;WS=1&amp;tag=lefrancophile-20&amp;language=en_US\" alt=\"Paris \u00e9tait une femme\" width=\"196\" height=\"250\" border=\"0\"><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\"><a title=\"Paris \u00e9tait une femme\" href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Paris-Was-Woman-Portraits-Left\/dp\/0062513133?crid=P95JUZBDAYS&amp;keywords=paris+was+a+woman&amp;qid=1671398645&amp;sprefix=paris+was+a+woman%2Caps%2C410&amp;sr=8-1&amp;linkCode=ll1&amp;tag=lefrancophile-20&amp;linkId=186a4846fa0588d18e4dbd3f8d279c09&amp;language=en_US&amp;ref_=as_li_ss_tl\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Disponible sur Amazon<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"border: none !important; margin: 0px !important;\" src=\"https:\/\/ir-na.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lefrancophile-20&amp;language=en_US&amp;l=li3&amp;o=1&amp;a=0062513133\" alt=\"\" width=\"1\" height=\"1\" border=\"0\">Paris Was A Woman : Portraits From the Left Bank (San Francisco : Harper San Francisco, 1995) est un livre qui a commenc\u00e9 comme un film documentaire d&#8217;Andrea Weiss, une r\u00e9alisatrice am\u00e9ricaine qui vit \u00e0 Londres. Weiss et sa partenaire, Greta Schiller, ont pass\u00e9 quatre ans \u00e0 rassembler du mat\u00e9riel et des fonds pour le projet, qui visait \u00e0 raconter l&#8217;histoire des nombreuses \"femmes dot\u00e9es d&#8217;une \u00e9nergie cr\u00e9atrice et de divers degr\u00e9s de talent, des femmes passionn\u00e9es d&#8217;art et de litt\u00e9rature, des femmes sans les obligations li\u00e9es aux maris et aux enfants, (des femmes qui) ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement attir\u00e9es par la Rive Gauche, et jamais avec plus d&#8217;urgence ou d&#8217;excitation que dans le premier quart de ce si\u00e8cle\". <\/p>\n<p>Ce n&#8217;est pas seulement sa beaut\u00e9, mais sa rare promesse de libert\u00e9 qui a attir\u00e9 ces femmes. Elles venaient d&#8217;aussi pr\u00e8s que la Savoie et la Bourgogne et d&#8217;aussi loin que Londres, Berlin et New York, Chicago, l&#8217;Indiana et la Californie. <\/p>\n<p>Elles sont venues pour des raisons individuelles et priv\u00e9es, dont certaines qu&#8217;elles n&#8217;ont peut-\u00eatre jamais comprises. Mais elles sont aussi venues parce que Paris leur offrait, en tant que femmes, un monde unique et extraordinaire\". <\/p>\n<p>Weiss explore ce monde avec sa collection d&#8217;anecdotes, d&#8217;histoires orales et \u00e9crites, et de nombreuses photographies des quantit\u00e9s de femmes qui composaient le contingent litt\u00e9raire f\u00e9minin de Paris dans les ann\u00e9es 1920.<\/p>\n<p>Ce faisant, elle d\u00e9monte \u00e9galement plusieurs mythes qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s au rang de mensonges dans l&#8217;imagination populaire : le mythe selon lequel les seules femmes \u00e0 Paris dans les ann\u00e9es 1920 \u00e9taient les \u00e9pouses d&#8217;Hemingway, de Fitzgerald et d&#8217;autres \u00e9crivains masculins expatri\u00e9s ; le mythe selon lequel les \u00e9crivains passaient leur temps \u00e0 boire dans les caf\u00e9s de Montparnasse ; le mythe selon lequel la libert\u00e9 sexuelle et les exploits \u00e9taient une seule et m\u00eame chose, et le mythe selon lequel Paris n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;une sc\u00e8ne de f\u00eate pour la plupart des \u00e9crivains expatri\u00e9s, qui ont imm\u00e9diatement fait leurs valises pour l&#8217;Am\u00e9rique lorsque la premi\u00e8re et la deuxi\u00e8me guerre mondiale ont \u00e9clat\u00e9.<\/p>\n<p>Weiss montre habilement, par le biais de r\u00e9cits et de photographies, que pour les femmes \u00e9crivains du Paris des ann\u00e9es 1920, la libert\u00e9 sexuelle ne signifiait pas la libert\u00e9 d&#8217;avoir des relations sexuelles sans engagement, mais plut\u00f4t la libert\u00e9 par rapport aux diktats h\u00e9t\u00e9rosexuels.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-847\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/la-maison-des-amis-des-livres.jpg\" alt=\"La maison des amis des livres\" width=\"500\" height=\"341\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/la-maison-des-amis-des-livres.jpg 500w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/la-maison-des-amis-des-livres-300x205.jpg 300w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/la-maison-des-amis-des-livres-150x102.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/la-maison-des-amis-des-livres-218x150.jpg 218w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/la-maison-des-amis-des-livres-100x68.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/>La plupart des femmes, dont Gertrude Stein, sont rest\u00e9es en France pendant les deux guerres, et leurs contributions \u00e0 la culture litt\u00e9raire de la rive gauche ont chang\u00e9 son paysage \u00e0 jamais. Sans Sylvia Beach, propri\u00e9taire et fondatrice de Shakespeare and Company, Ulysse de James Joyce, interdit aux \u00c9tats-Unis, n&#8217;aurait peut-\u00eatre jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en anglais. La librairie d&#8217;Adrienne Monnier, La Maison des Amis des Livres, situ\u00e9e juste en face de Shakespeare and Company dans la rue de l&#8217;Od\u00e9on, organisait r\u00e9guli\u00e8rement des lectures et des \u00e9changes de po\u00e8mes bilingues. Les salons litt\u00e9raires de la riche h\u00e9riti\u00e8re am\u00e9ricaine et c\u00e9l\u00e8bre lesbienne Natalie Barney ont permis de parrainer des femmes \u00e9crivains dont les \u0153uvres seraient autrement pass\u00e9es inaper\u00e7ues. Les rencontres litt\u00e9raires de Gertrude Stein, rue de Fleurus, ont marqu\u00e9 de nombreuses carri\u00e8res litt\u00e9raires.    <\/p>\n<p>Bien qu&#8217;il existe de nombreuses biographies individuelles des \u00e9crivains couverts par l&#8217;ouvrage de Weiss, Paris Was A Woman est le premier livre consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;exploration de la vie de ces femmes en tant que groupe, et le premier livre \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer la contribution litt\u00e9raire des femmes \u00e0 la culture de la Rive Gauche.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;esprit des relations franco-am\u00e9ricaines et des liaisons f\u00e9minines, l&#8217;artiste visuelle am\u00e9ricaine Michelle Zackheim a consacr\u00e9 plusieurs ann\u00e9es de sa vie \u00e0 ressusciter pour les lecteurs am\u00e9ricains la vie de l&#8217;une des \u00e9crivaines fran\u00e7aises les plus extraordinaires et les plus m\u00e9connues, Violette Leduc. Cette contemporaine de Sartre et de Simone de Beauvoir est peu connue en dehors de sa France natale, o\u00f9 le succ\u00e8s de ses romans est venu tardivement, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 57 ans. <\/p>\n<figure style=\"width: 89px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Violettes-Embrace-Michele-Zackheim\/dp\/1573226084?crid=CG5O18QBH0GD&amp;keywords=violettes+embrace&amp;qid=1671405881&amp;sprefix=violettes+embrace%2Caps%2C191&amp;sr=8-1&amp;linkCode=li3&amp;tag=lefrancophile-20&amp;linkId=06aec25f2cacb98df3fa08fb71b7206c&amp;language=en_US&amp;ref_=as_li_ss_il\" target=\"_blank\" rel=\"\"sponsored noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/\/ws-na.amazon-adsystem.com\/widgets\/q?_encoding=UTF8&amp;ASIN=1573226084&amp;Format=_SL250_&amp;ID=AsinImage&amp;MarketPlace=US&amp;ServiceVersion=20070822&amp;WS=1&amp;tag=lefrancophile-20&amp;language=en_US\" alt=\"\u00e9treinte des violettes\" width=\"89\" height=\"140\" border=\"0\"><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\"><a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/Violettes-Embrace-Michele-Zackheim\/dp\/1573226084?crid=CG5O18QBH0GD&amp;keywords=violettes+embrace&amp;qid=1671405881&amp;sprefix=violettes+embrace%2Caps%2C191&amp;sr=8-1&amp;linkCode=ll1&amp;tag=lefrancophile-20&amp;linkId=d6a09f46f2b5a32ed72f7659c2bbd9df&amp;language=en_US&amp;ref_=as_li_ss_tl\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored\">Disponible sur Amazon<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"border: none !important; margin: 0px !important;\" src=\"https:\/\/ir-na.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lefrancophile-20&amp;language=en_US&amp;l=li3&amp;o=1&amp;a=1573226084\" alt=\"\" width=\"1\" height=\"1\" border=\"0\">Artiste vivant dans le d\u00e9sert du Nouveau-Mexique, Zackheim a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire son roman Violette&#8217;s Embrace (New York : Riverhead Books, 1996) sur un pari, lorsque, dans un bar, son mari l&#8217;a mise au d\u00e9fi de se lancer dans l&#8217;\u00e9criture, et que Zackheim a \"d\u00e9cid\u00e9 de jeter mon d\u00e9volu sur Violette\". Le roman de Violette Leduc, La B\u00e2tarde, a tellement captiv\u00e9 l&#8217;esprit de Zackheim que celle-ci s&#8217;est envol\u00e9e pour Paris, comme elle le dit, \"pour trouver un \u00e9crivain mort\". <\/p>\n<figure style=\"width: 162px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.amazon.com\/B%C3%A2tarde-Batarde-French-Literature\/dp\/1564782891?crid=Z8OL8B69U3CH&amp;keywords=la+batarde+violette+leduc&amp;qid=1671399147&amp;sprefix=violette+leduc%2Caps%2C338&amp;sr=8-1&amp;linkCode=li3&amp;tag=lefrancophile-20&amp;linkId=06f7f4e254a1987430a86970bad35f7a&amp;language=en_US&amp;ref_=as_li_ss_il\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/\/ws-na.amazon-adsystem.com\/widgets\/q?_encoding=UTF8&amp;ASIN=1564782891&amp;Format=_SL250_&amp;ID=AsinImage&amp;MarketPlace=US&amp;ServiceVersion=20070822&amp;WS=1&amp;tag=lefrancophile-20&amp;language=en_US\" alt=\"La B\u00e2tarde\" width=\"162\" height=\"250\" border=\"0\"><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\"><a title=\"La B\u00e2tarde\" href=\"https:\/\/www.amazon.com\/B%C3%A2tarde-Batarde-French-Literature\/dp\/1564782891?crid=Z8OL8B69U3CH&amp;keywords=la+batarde+violette+leduc&amp;qid=1671399147&amp;sprefix=violette+leduc%2Caps%2C338&amp;sr=8-1&amp;linkCode=ll1&amp;tag=lefrancophile-20&amp;linkId=f5a7da8004484284f931298d92319162&amp;language=en_US&amp;ref_=as_li_ss_tl\" target=\"_blank\" rel=\"noopener sponsored\">Disponible sur Amazon<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"border: none !important; margin: 0px !important;\" src=\"https:\/\/ir-na.amazon-adsystem.com\/e\/ir?t=lefrancophile-20&amp;language=en_US&amp;l=li3&amp;o=1&amp;a=1564782891\" alt=\"\" width=\"1\" height=\"1\" border=\"0\">Dans l&#8217;avion, dans le sac pos\u00e9 sur mes genoux, j&#8217;avais un exemplaire de La B\u00e2tarde de couleur lilas. Il \u00e9tait d\u00e9chir\u00e9 et soulign\u00e9, et les pages \u00e9taient marqu\u00e9es par des emballages de papier rouge provenant de baguettes. Il y a de nombreuses ann\u00e9es, j&#8217;avais trouv\u00e9 cet exemplaire d&#8217;occasion dans une vieille librairie de Broadway, \u00e0 New York. L&#8217;auteur, Violette Leduc, \u00e9crivait sur un fil qui me rappelait moi-m\u00eame. Je l&#8217;ai achet\u00e9 pour un dollar et je l&#8217;ai d\u00e9vor\u00e9 pour toujours\".    <\/p>\n<p>Avec une \u00e9criture crue, mordante, aux inflexions souvent aigu\u00ebs de d\u00e9sespoir et de joie, Violette Leduc \u00e9tait une femme dont l&#8217;\u00e2me n&#8217;a trouv\u00e9 son salut que dans l&#8217;acceptation sociale et la reconnaissance qu&#8217;elle a obtenues gr\u00e2ce \u00e0 ses \u00e9crits. N\u00e9e \u00e0 Arras en avril 1907, Violette est un enfant b\u00e2tard. Sa m\u00e8re, Berthe Leduc, servante et ma\u00eetresse du fils de son employeur, Andr\u00e9 Debaralle - le p\u00e8re de Violette - a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par Debaralle qui, \u00e0 son tour, a donn\u00e9 \u00e0 Violette le don de la vie et tr\u00e8s peu d&#8217;autres choses.  <\/p>\n<p>\"Ma m\u00e8re ne m&#8217;a jamais donn\u00e9 la main\", c&#8217;est la premi\u00e8re phrase de La B\u00e2tarde. De son enfance d\u00e9pourvue d&#8217;amour, Leduc est tomb\u00e9e amoureuse des hommes, des femmes et de la litt\u00e9rature, bien qu&#8217;elle ne se soit consacr\u00e9e qu&#8217;\u00e0 cette derni\u00e8re. D\u00e9couverte en grande partie gr\u00e2ce \u00e0 Simone de Beauvoir, qui aimait l&#8217;\u0153uvre de Violette Leduc mais que ses excentricit\u00e9s rendaient folle, Violette Leduc a v\u00e9cu la moiti\u00e9 de sa vie en amour avec des femmes (dont Simone de Beauvoir) et des hommes, homosexuels ou h\u00e9t\u00e9rosexuels. Elle a toujours recherch\u00e9 l&#8217;affection et l&#8217;approbation maternelles qui lui avaient \u00e9t\u00e9 refus\u00e9es dans son enfance.   <\/p>\n<p>Dans son livre, Lili, l&#8217;un des personnages de Zackheim, d\u00e9crit la vie de Violette comme l&#8217;incarnation de \"Fluctuat nec mergitur&#8230; la devise de la ville de Paris\". Je pense qu&#8217;elle est proche de d\u00e9crire la vie de Violette - elle est ballott\u00e9e par les vagues mais elle ne coule pas\". Bien que Zackheim admette qu&#8217;elle n&#8217;aurait probablement pas aim\u00e9 Violette Leduc en tant que personne, la langue de Violette Leduc est si \"splendide, passionn\u00e9e, puissante, courageuse&#8230;.(elle) est mon accomplissement&#8230;..es soupirs glissent \u00e0 travers sa langue\". Son livre L&#8217;\u00e9treinte de Violette est son propre hommage \u00e0 cet \u00e9crivain disparu. R\u00e9cit semi-fictionnel de la qu\u00eate de Zackheim en France pour retrouver les morceaux du parcours de Violette Leduc, Violette&#8217;s Embrace s\u00e9duira tous ceux qui aiment les histoires de liens et de d\u00e9couvertes litt\u00e9raires.   <\/p>\n<p>Le livre est \u00e0 la hauteur de sa d\u00e9dicace \"au retour de Violette Leduc\" et prend sa place parmi les ouvrages en anglais qui permettent aux lecteurs anglophones d&#8217;acc\u00e9der \u00e0 la vie et \u00e0 l&#8217;\u0153uvre de l&#8217;une des femmes de lettres les plus obscures et les moins connues de France.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paris \u00e9tait une femme Rome est peut-\u00eatre la Ville \u00e9ternelle, mais Paris est la ville de l&#8217;\u00e9ternel f\u00e9minin. Une certaine lumi\u00e8re et une promesse de libert\u00e9 artistique dans \"La Ville Lumi\u00e8re\" ont attir\u00e9 \u00e0 Paris des femmes de mots de tous les pays et de toutes les langues imaginables. L\u00e0, lib\u00e9r\u00e9es des obligations et des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":10289,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[2868],"tags":[2613,2610,2612],"class_list":{"0":"post-18503","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-litterature","8":"tag-allumee","9":"tag-litterature-francaise","10":"tag-violette-leduc"},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18503","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18503"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18503\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10289"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18503"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18503"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18503"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}