{"id":18488,"date":"1996-09-28T11:54:41","date_gmt":"1996-09-28T09:54:41","guid":{"rendered":"https:\/\/lefrancophile.com\/une-production-bilingue-de-dom-juan-a-vous-couper-le-souffle\/"},"modified":"2025-12-04T22:11:35","modified_gmt":"2025-12-04T21:11:35","slug":"une-production-bilingue-de-dom-juan-a-vous-couper-le-souffle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/une-production-bilingue-de-dom-juan-a-vous-couper-le-souffle\/","title":{"rendered":"Une production bilingue de Dom Juan \u00e0 vous couper le souffle !"},"content":{"rendered":"<h1>Dom Juan \u00e0 Manhattan<\/h1>\n<p>Il s&#8217;agit de Moli\u00e8re. Le titre est correctement orthographi\u00e9. Il n&#8217;y a pas de Dons dans Dom Juan \u00e0 Manhattan.  <\/p>\n<p>Un soir, dans un bistrot fran\u00e7ais tranquille du West Village, je l&#8217;ai surpris en train de dessiner sur une serviette de bar, passant le temps pendant une p\u00e9riode creuse de ses fonctions de barman. J&#8217;ai demand\u00e9 \u00e0 voir. Il s&#8217;est empress\u00e9 d&#8217;ab\u00eemer la serviette et de la jeter comme un \u00e9colier pris en flagrant d\u00e9lit. Mais je l&#8217;ai emport\u00e9 et lui ai arrach\u00e9 le dessin. Il s&#8217;agissait d&#8217;une caricature habile de deux jeunes femmes assises \u00e0 l&#8217;autre bout du bar, l\u00e9g\u00e8rement obsc\u00e8ne, tr\u00e8s dr\u00f4le. Ce fut aussi le d\u00e9but d&#8217;une relation qui s&#8217;est traduite par des d\u00eeners et des s\u00e9ances de boisson occasionnels, mais qui m&#8217;a surtout fait d\u00e9couvrir un tout nouveau monde th\u00e9\u00e2tral, celui de la com\u00e9die franco-am\u00e9ricaine, gaullo-anglaise.     <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Robert peut aussi jouer la com\u00e9die. Et diriger. Et \u00e9crire.  <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En discutant au bar ce premier soir, je n&#8217;ai pas \u00e9t\u00e9 surpris d&#8217;apprendre que Robert, comme la grande majorit\u00e9 des barmans et serveuses bavards des restaurants de Manhattan, est \u00e9galement acteur. Seulement, Robert n&#8217;est pas un acteur n\u00e9ophyte, ni un aspirant r\u00eaveur qui attend l&#8217;appel d&#8217;Hollywood. Robert est un v\u00e9ritable acteur, bilingue de surcro\u00eet, avec un \u00e9pais CV de cr\u00e9dits s\u00e9rieux comprenant des r\u00f4les majeurs au Th\u00e9\u00e2tre du Soleil \u00e0 Paris et des ateliers d&#8217;enseignement dans tout le monde occidental. Mais ce n&#8217;est pas ainsi qu&#8217;il l&#8217;explique. Il est bien trop modeste. J&#8217;ai appris tout cela plus tard, lorsque je l&#8217;ai vu travailler \u00e0 sa v\u00e9ritable vocation, la sc\u00e8ne.     <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui m&#8217;am\u00e8ne plus ou moins \u00e0 l&#8217;essentiel. Une remarquable production de Dom Juan de Moli\u00e8re sera mont\u00e9e au minuscule Nada Theater sur Ludlow Street dans l&#8217;East Village en septembre. Aucun francophile qui se respecte ne voudra manquer ce spectacle.  <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant que vous ne vous mettiez \u00e0 voir des images de pi\u00e8ces de moralit\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle qui n&#8217;en finissent pas, pr\u00f4nant les valeurs de chastet\u00e9, de frugalit\u00e9 et de tout le reste, d\u00e9tendez-vous. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un Dom Juan ordinaire. Tout d&#8217;abord, l&#8217;action se d\u00e9roule dans le Manhattan contemporain et comprend m\u00eame un bref s\u00e9jour dans les Hamptons. De plus, la pi\u00e8ce n&#8217;est pas jou\u00e9e en fran\u00e7ais. Ni en anglais. Au lieu de cela, elle se faufile entre les deux langues, avec une l\u00e9g\u00e8re pr\u00e9f\u00e9rence pour la langue locale. Mais surtout, c&#8217;est l&#8217;id\u00e9e de mon ami Robert, ce qui signifie qu&#8217;elle est absolument hilarante depuis le reportage t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 qui ouvre la pi\u00e8ce jusqu&#8217;au d\u00e9nouement dans la rue \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur du th\u00e9\u00e2tre.      <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&#8217;agit d&#8217;un th\u00e9\u00e2tre de gu\u00e9rilla au sens propre du terme. Il est inventif, courageux, intens\u00e9ment imm\u00e9diat et m\u00eame participatif \u00e0 l&#8217;occasion. Le th\u00e9\u00e2tre lui-m\u00eame, pour ceux d&#8217;entre vous qui n&#8217;y sont pas encore all\u00e9s, est un sous-sol dans une maison brune. Il peut accueillir une cinquantaine de personnes et est aussi intime qu&#8217;un espace th\u00e9\u00e2tral peut l&#8217;\u00eatre. Avant le d\u00e9but de la repr\u00e9sentation, en buvant le vin fourni par le th\u00e9\u00e2tre, vous vous rendez compte que les acteurs eux-m\u00eames sont parmi vous. Et avant m\u00eame que vous ne vous en rendiez compte, la pi\u00e8ce commence, et vous en faites partie !     <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/robertcandraw.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-254 size-full\" src=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/robertcandraw.jpg\" alt=\"Dom juan Graffitti Robertcandraw\" width=\"445\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/robertcandraw.jpg 445w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/robertcandraw-300x192.jpg 300w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/robertcandraw-150x96.jpg 150w, https:\/\/lefrancophile.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/robertcandraw-100x64.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 445px) 100vw, 445px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les quatorze acteurs sont tous bilingues, pour la plupart des Fran\u00e7ais expatri\u00e9s. Et bien que la production soit manifestement trop petite pour r\u00e9compenser les acteurs avec des salaires dignes de Broadway, il s&#8217;agit d&#8217;une remarquable collection d&#8217;interpr\u00e8tes. Il n&#8217;y a aucun maillon faible, aucune incursion d&#8217;amateurisme maladroit, personne qui ne puisse assumer le fardeau du bilinguisme. Jean Brassard, un jeune Qu\u00e9b\u00e9cois vivant \u00e0 New York et travaillant, croyez-le ou non, comme commentateur pour la couverture t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e internationale de la World Wrestling Federation, dans de nombreux feuilletons t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et dans de nombreuses productions off-Broadway, est remarquable dans le r\u00f4le de Dom Juan lui-m\u00eame.   <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c&#8217;est Sgnanarelle qui volera votre c\u0153ur. Dans le r\u00f4le du majordome de Dom Juan, il est un faisceau d&#8217;ob\u00e9issance, d&#8217;esprit vif et de l\u00e2chet\u00e9, se prosternant devant son ma\u00eetre et offrant au public un flot constant d&#8217;apart\u00e9 \u00e0 faire dresser les sourcils. Il m&#8217;a fait rire aux \u00e9clats. Et vous ne serez pas surpris d&#8217;apprendre qu&#8217;il est jou\u00e9 par nul autre que mon ami Robert.   <\/p>\n<p>La production a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e au d\u00e9but de l&#8217;ann\u00e9e en deux parties, s\u00e9par\u00e9es par environ un mois de r\u00e9p\u00e9titions. Elle a connu un \u00e9norme succ\u00e8s en peu de temps. \u00c0 tel point que Nada a invit\u00e9 <a title=\"ARTABAN\" href=\"https:\/\/fr-fr.facebook.com\/people\/Artaban-Th%C3%A9%C3%A2tre\/100067561208241\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Artaban<\/a> (la compagnie th\u00e9\u00e2trale dirig\u00e9e par mon ancien ami barman <a title=\"ROBERT GOURP\" href=\"https:\/\/www.addagers.fr\/2021\/02\/robert-gourp\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Robert Gourp<\/a>) \u00e0 mettre en sc\u00e8ne l&#8217;int\u00e9gralit\u00e9 de la pi\u00e8ce pendant un mois, du 9 septembre au 2 octobre 1996, avec des repr\u00e9sentations les lundis, mardis et mercredis soirs.  <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ceux d&#8217;entre vous que l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un spectacle bilingue pourrait rebuter, n&#8217;ayez pas peur. Comme le sugg\u00e8re le programme, \"la question \u00e0 se poser n&#8217;est pas de savoir si chaque mot a \u00e9t\u00e9 compris, mais si chaque \u00e9motion et chaque intention l&#8217;ont \u00e9t\u00e9. La force de cette pi\u00e8ce r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 transcender la langue et la culture\". Jamais un programme n&#8217;a \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e9cis.  <\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #043565;\">Vous allez rire \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N&#8217;oubliez pas qu&#8217;il s&#8217;agit de Moli\u00e8re. Le titre est correctement orthographi\u00e9. Il n&#8217;y a pas de Dons dans Dom Juan.  <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Mise \u00e0 jour<\/h3>\n<p>Nada, fond\u00e9e sous le nom de Theater Club Funambules et plus tard connue sous le nom de Todo con Nada, \u00e9tait une compagnie th\u00e9\u00e2trale de Manhattan qui a pr\u00e9sent\u00e9 des \u0153uvres exp\u00e9rimentales pendant douze ans, jusqu&#8217;\u00e0 sa fermeture en novembre 2000. La compagnie a \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9e de son espace de Ludlow Street en novembre 2000 pour non-paiement des arri\u00e9r\u00e9s de loyer. <\/p>\n<p><span>Robert Gourp est rentr\u00e9 en France et travaille depuis janvier 2020 \u00e0 un montage de textes po\u00e9tiques de Baudelaire, Rostand, Victor Hugo, Lecomte De Lisle&#8230; entrecoup\u00e9s d&#8217;extraits d&#8217;autres textes de Serge Valletti.<\/span><\/p>\n<p><span>Comme beaucoup d&#8217;autres, touch\u00e9s par la crise sanitaire, il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la mani\u00e8re de poursuivre la mission de son association <a title=\"Artaban\" href=\"https:\/\/fr-fr.facebook.com\/people\/Artaban-Th%C3%A9%C3%A2tre\/100067561208241\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Artaban<\/a> et continue de travailler \u00e0 la reprise de son activit\u00e9.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dom Juan \u00e0 Manhattan Il s&#8217;agit de Moli\u00e8re. Le titre est correctement orthographi\u00e9. Il n&#8217;y a pas de Dons dans Dom Juan \u00e0 Manhattan. Un soir, dans un bistrot fran\u00e7ais tranquille du West Village, je l&#8217;ai surpris en train de dessiner sur une serviette de bar, passant le temps pendant une p\u00e9riode creuse de ses [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":9310,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[2895],"tags":[2569,2571,2570],"class_list":{"0":"post-18488","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-theatre","8":"tag-bistro-francais","9":"tag-theatre","10":"tag-theatre-bilingue"},"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18488","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18488"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18488\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9310"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18488"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18488"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lefrancophile.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18488"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}